Kinshasa, Gombe – Enquête exclusive
Il fallait sauver l’Ancienne Galerie Présidentielle. Dans les années 70, l’emblématique tour du centre-ville de Kinshasa s’enfonçait, se penchait sous le poids. La solution radicale était sur la table : tout démolir et reconstruire.
C’est alors que de jeunes ingénieurs congolais eurent une intuition de génie. Au lieu de détruire, ils proposèrent de construire une seconde tour, jumelle, de même taille, pour servir de contrefort et stabiliser la première. Leur théorie fut validée. C’est ainsi qu’est née la Nouvelle Galerie Présidentielle (NGP).

L’histoire est fondamentale : la NGP est subsidiaire à l’AGP. Il n’y a pas l’une sans l’autre. Ce sont des tours jumelles, un ensemble unique et indivisible. Si l’une disparaît, l’autre disparaît inévitablement.
Aujourd’hui, 50 ans plus tard, cet ensemble unique est en train de mourir de l’intérieur, victime de ses propres copropriétaires.
L’ENQUÊTE CHOC DE L’ANCIEN PRÉSIDENT DU CG
Une enquête interne, entamée le 25/09/2025 par l’Ancien Président du Conseil de Gérance, le Colonel THOZI NDALA, dresse un constat accablant. Le Tonnerre a obtenu le rapport préliminaire.
Le constat est sans appel : Tout est à la merci de notre propre négligence et de notre méchanceté.
Du 7ème au 26ème étage, la charte de copropriété est systématiquement violée. Les appartements résidentiels sont transformés en commerces anarchiques :
Conséquence : dégradation avancée, insalubrité totale, infiltrations d’eau non maîtrisées, structure qui s’effrite, prolifération des mouches et des souris qui migrent d’une tour à l’autre. « Si la NGP est sale, l’AGP l’est également. Comme à l’époque du Coronavirus, sans protection commune, nous ne survivrons pas », résume une copropriétaire.
LA SOLUTION : DEVENIR UN PATRIMOINE PROTÉGÉ
Face à ce chaos, une proposition de rupture émerge, portée par Monsieur Anthony KITENGE TUNDA, Ex Administrateur de la NGP.
Pour M. Kitenge Tunda, interdire les travaux ne sert à rien. Il faut changer de statut.
Sa proposition en 2 axes :
1. Créer un Bureau d’Études Commun AGP-NGP.
Fini les deux copropriétés qui se battent séparément et accumulent des dettes. Un seul bureau, une seule équipe, un seul diagnostic chiffré pour les deux tours. Un seul management rigoureux.
2. Faire classer l’Ensemble Galerie Présidentielle comme Immeubles Protégés – Patrimoine Architectural de la Ville de Kinshasa.
C’est la clé de tout. Une fois classé « protégé », l’ensemble ne sera plus vu comme deux copropriétés mal gérées, mais comme un patrimoine d’intérêt public à préserver.
Ce changement de statut ouvre les portes des subventions que les copropriétaires ne peuvent plus financer seuls :
- Au niveau national : Ministère de la Culture, Urbanisme, Hôtel de Ville.
- Au niveau international : UNESCO, Banque Mondiale, Union Européenne, AFD.
« Aucun bailleur ne financera l’AGP seule ou la NGP seule. Ils financeront l’ENSEMBLE GALERIE PRÉSIDENTIELLE. Les institutions ne financent pas des copropriétés, elles financent la sauvegarde du patrimoine », explique Anthony Kitenge Tunda.
L’objectif premier de ces fonds : payer les arriérés des travailleurs, stopper définitivement les infiltrations qui détruisent les deux tours de 26 étages, rénover les parties communes et assainir les dettes.
La balle est désormais dans le camp des Conseils de Gérance, des Syndics et de l’ensemble des copropriétaires. Vont-ils enfin comprendre que leur survie est commune, ou laisseront-ils l’histoire s’effondrer avec les deux tours ?
La Rédaction